Akhtem Seitablayev est un acteur, réalisateur de théâtre et de cinéma, et
scénariste ukrainien d’origine tatare de Crimée. Né le 11 décembre 1972 à
Yangiyo‘l, en RSS d’Ouzbékistan, il est reconnu pour ses contributions
significatives au cinéma ukrainien.
Sur la photo, Akhtem porte des plaques métalliques autour du cou, gravées de
son nom, prénom et groupe sanguin, similaires à celles portées par les militaires
pour une identification rapide des défunts et des blessés en situation de combat.
En 2015, pour l’anniversaire d’Akhtem, deux soldats nommés Oleksiy ont fabriqué
ces plaques et les lui ont envoyées par l’intermédiaire d’un volontaire.
Malheureusement, Akhtem ne les a jamais rencontrés ; vingt jours après avoir offert
ce cadeau, les deux soldats ont été tués lors des combats dans le Donbass.
La photo montre Akhtem près de la Maison de Crimée, un lieu réunissant des
organisations publiques traitant des questions liées à la péninsule. En 2016,
lorsqu’on lui a proposé de diriger cette institution, il a pensé que c’était comme
« une valise sans poignée ». Ne se contentant pas d’un rôle nominal, Seitablayev a
fait de la Maison de Crimée une partie importante de sa vie. Il en est de même
pour la réalisation. «C’est comme créer des mondes à partir de rien. Ou, comme le
disait mon professeur, pour faire un film, il faut rassembler une équipe, l’inspirer
avec une idée, puis ne pas interférer dans la réalisation d’un bon film», explique
Seitablayev à propos de sa profession.
Ses films, tels que «Cyborgs » et «Haytarma », racontent des histoires de
personnes — leur douleur, leur force et leurs rêves. Ils reflètent également une
partie d’Akhtem lui-même. Comment pourrait-il en être autrement ? « La créativité
provient de ceux qui la créent. C’est quelque chose qui résonne en vous. Un
territoire très subjectif », note Akhtem.
Pour lui, être dans cette profession signifie se sentir vivant. «Quand tu sens que tu
crées, que tu construis quelque chose, et que cela te donne de l’énergie — tu
peux te passer de sommeil ou de nourriture », partage-t-il à propos de son
inspiration. Il ne semble pas la chercher; elle est plutôt en lui.