Directrice de casting Armina Nimenko
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— Armina, tu as un très beau prénom ! Peux-tu nous parler de sa signification et s’il y a une histoire liée à celui-ci ?
— C’est ma mère qui m’a appelée Armina, car j’ai des origines arméniennes. En réalité, ma grand-mère est originaire d’Ukraine. Un jour, mon mari a remarqué que mon prénom se composait de deux parties : la première — « Arm » — vient d’Arménie, et la seconde — « -ina » — d’Ukraine. Je pense que mon prénom incarne les traditions de ces deux pays. Par ailleurs, « Armina » est le nom que les Perses donnaient à l’Arménie à l’époque de l’Urartu.
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— Es-tu née en Ukraine ?
— Oui, je suis née en Ukraine, près de Kyiv, même s’il y avait une chance que je naisse dans un avion. J’ai passé mon enfance entre deux pays, et c’est sans doute pour cela que je suis une voyageuse dans l’âme. J’ai toujours été fascinée par la découverte de cultures différentes, et à un moment donné, je voulais devenir linguiste. Mais ma mère m’a dissuadée et m’a proposé d’entrer dans une école de théâtre, car j’étais une enfant très artistique. À 17 ans, je suis entrée dans une école de cinéma affiliée à Lenfilm, à Saint-Pétersbourg. Pendant mes études, j’ai compris qu’un acteur devait être tout, savoir tout, observer, enrichir constamment son bagage créatif, car tout cela peut lui être utile à l’avenir. Cependant, en raison de la crise de l’époque, j’ai dû quitter l’école de cinéma et commencer à gagner ma vie. Avec l’aide de mon frère, j’ai lancé mon entreprise, mais j’ai vite compris que ce n’était pas fait pour moi. J’ai alors décidé d’explorer l’univers de la mode en créant, avec des amis, un laboratoire de vêtements où nous concevions des costumes de scène à partir de matériaux non conventionnels, et nous organisions des défilés.
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— — Comment es-tu entrée dans le monde du cinéma ?
— Un matin, j’ai décidé que je voulais faire du cinéma. Je suis allée aux studios Dovzhenko à Kyiv, où je ne connaissais absolument personne, mais j’avais un immense désir intérieur de découvrir cet univers. J’avais alors 16 ans. En entrant dans ce milieu, j’ai eu l’impression de pénétrer dans un conte de fées. J’ai immédiatement senti que c’était mon élément. Dans un studio de tournage où je suis entrée pour observer, le réalisateur Anatoliy Matyeshko tournait L’Anniversaire du Bourgeois. J’y ai fait la connaissance d’un membre de l’équipe de tournage, et quelques jours plus tard, on m’a invitée à participer à une scène de la série (comme figurante). La scène se déroulait dans un théâtre à Kyiv. Ensuite, on m’a proposé un petit rôle, mais entre-temps, j’avais déjà déménagé à SaintPétersbourg.
Pendant mes études, on m’invitait souvent à jouer des petits rôles. Quand on étudie et qu’on vit pratiquement dans les murs d’un studio de cinéma, on rencontre constamment des gens créatifs et intéressants. Un jour, j’ai été conviée à un casting photo pour le projet L’Arche russe d’Alexandre Sokourov. C’était un projet incroyable, tourné dans l’Ermitage. Un long-métrage impliquant près de 1000 acteurs, tourné en un seul plan séquence. Le lieu grandiose, les costumes historiques, la musique en direct de l’orchestre symphonique — tout cela créait une atmosphère de fête et de célébration. C’était à nouveau comme un conte de fées pour moi.
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— Est-ce que tu tournes encore aujourd’hui ?
— Aujourd’hui, je ne joue pratiquement plus, faute de temps, même si j’apparais parfois dans des rôles épisodiques pour des amis réalisateurs.
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— Comment es-tu devenue directrice de casting ?
— Après avoir essayé différents domaines, j’ai décidé de faire une pause et de travailler dans l’immobilier. L’un de mes clients s’est avéré être une équipe de tournage à la recherche d’un lieu pour filmer Le Baiser du Papillon. C’est là que j’ai compris que c’était un signe, que le cinéma ne voulait pas me laisser partir.
Neuf ans plus tard, je suis retournée à Kyiv et je suis de nouveau entrée aux studios de cinéma. Cette fois, j’ai découvert un lieu complètement différent, vibrant d’énergie et de vie, bien loin du studio presque désert de ma jeunesse. À ce moment-là, j’ai compris que je voulais travailler dans le cinéma de l’intérieur. Non pas comme actrice, mais avec les acteurs.
Je me suis définitivement installée à Kyiv et j’ai commencé à envoyer mon CV comme assistante au casting. Très rapidement, j’ai été invitée à travailler comme directrice de casting dans l’un des studios de Kyiv. C’est ainsi que mon parcours en tant que directrice de casting a commencé. J’y ai travaillé quelque temps, puis j’ai été sollicitée par un autre studio.
Je tiens à souligner que mon partenariat créatif le plus long a été avec la réalisatrice et productrice Oksana Bayrak. Tous ses projets sont empreints d’âme et d’un esprit très « familial ». Je suis donc heureuse et reconnaissante d’avoir partagé ce chemin avec elle. Je veux aussi mentionner les projets réalisés avec Anastasiya et Anatoliy Matyeshko, les toutes premières personnes que j’ai rencontrées dans l’univers du cinéma. Et je remercie le destin de nous avoir réunis à nouveau après toutes ces années pour travailler ensemble sur plusieurs magnifiques projets.
Quand je suis entrée dans le département des acteurs, j’ai vu l’état des dossiers, des photos, des portfolios… et j’ai décidé que je voulais établir une meilleure communication entre deux mondes différents : celui des producteurs, réalisateurs, directeurs de casting, et celui des acteurs. À cette époque, Internet commençait à se développer rapidement, et j’ai décidé de structurer le travail et de passer le département des acteurs au format en ligne. En 2011, avec des amis, dont mon mari actuel Oleksandr Nimenko, nous avons fondé ABA Studio, une agence d’acteurs en ligne où chacun peut facilement publier son portfolio, ses photos, vidéos, audios et filmographie. Nous avons commencé à voyager dans toute l’Ukraine et dans d’autres pays pour rencontrer les acteurs et collecter leurs matériaux pour notre base de données. J’aime beaucoup les rencontres en présentiel avec les acteurs. Aujourd’hui, je fais moins de casting moi-même. Je dirige surtout le studio et représente certains acteurs étrangers.
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— Que doivent faire les acteurs pour figurer dans votre base ?
— Notre base est privée, réservée aux professionnels de l’industrie du cinéma. Sur notre site abastudio.org, on peut aller dans la section « Contact » et nous écrire à l’adresse : actors@abastudio.org, en envoyant un email correctement rédigé avec ses matériaux d’acteur.
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— Quels sont tes peurs dans cette profession ?
— Les postes d’assistant d’acteurs, de manager, de directeur de casting ou de représentant d’acteurs exigent un niveau de concentration extrême. Une seule erreur de date peut empêcher un acteur de prendre son vol ou d’arriver à temps, ce qui peut avoir des conséquences pour toute la production. Gérer les plannings exige une grande précision et un haut degré de responsabilité. Au début, j’avais peur de faire une erreur de date ou d’horaire. Mais avec l’expérience et le professionnalisme, cette peur a disparu. Selon moi, la peur naît du chaos. Mais quand tout est clair, il n’y a plus de peur.
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— Avec quoi ou quel objet t’identifies-tu ?
— Avec un pissenlit : d’abord il est lumineux, solaire, puis avec le temps il devient aérien, délicat et léger. J’essaie d’appliquer ces qualités dans ma profession et dans la vie — transformer ce qui est complexe en quelque chose de simple, ce qui est simple en quelque chose de beau, ce qui est beau en quelque chose de sublime, et ensuite… en quelque chose d’aérien.
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— Tu as attrapé un poisson d’or et peux faire trois vœux. Lesquels choisiraistu à l’avance ?
— Le premier : que les gens se réveillent avec le sourire, dans la légèreté et la gratitude. Le deuxième, lié à notre profession : que de belles idées et des projets intéressants voient le jour, que la culture traditionnelle renaisse, que tous les professionnels prennent plaisir à exercer leur métier, et que chaque spectateur ressente de la joie, de l’inspiration et une énergie positive en regardant un produit de qualité. Le troisième vœu : que le poisson d’or ne tombe jamais entre de mauvaises mains.
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— Parle-nous de tes passions.
— Voyager, découvrir de nouvelles choses, apprendre des langues. Par exemple, en ce moment, j’ai commencé à apprendre le chinois. La langue chinoise traditionnelle offre une perspective totalement différente sur la vie. Aussi, depuis plus de dix ans, je pratique le qigong — une discipline pour le corps et l’esprit qui m’aide à maintenir l’harmonie intérieure et l’équilibre.
Je suis très heureuse de travailler dans le domaine du cinéma et d’avoir pu fonder un studio de casting. Je remercie toute notre équipe — ce sont des personnes formidables. Et je souhaite également exprimer ma gratitude à tous mes collègues — directeurs de casting, réalisateurs, producteurs — pour notre chemin créatif commun !
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— Que rêvais-tu de devenir quand tu étais enfant ?
— Dentiste. Même si je n’aime pas trop aller chez le dentiste moi-même.
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— De quoi rêves-tu aujourd’hui ?
— J’aime beaucoup les enfants et j’aimerais contribuer à leur univers en créant un maximum de projets de qualité dans lesquels ils seraient impliqués.
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— Que conseillerais-tu aux acteurs ?
— Ne perdez pas espoir. Croyez aux miracles — ils existent. À un moment donné, les étoiles s’alignent et l’acteur reçoit un appel : « Vous avez été choisi pour le rôle principal ». J’ai vu cela se produire plus d’une fois. Le plus important pour un acteur est de se rappeler que ce qui est à vous viendra à vous, exactement au moment où vous serez prêt à le recevoir
Et aussi — peu importe vos compétences, sachez que la chance joue un rôle immense.
D’ailleurs, en parlant de compétences : si vous indiquez dans votre CV que vous maîtrisez quelque chose — soyez prêt à le prouver. Préparez des supports ou démonstrations que vous pouvez présenter. Si vous ne maîtrisez pas une compétence au moins à un niveau intermédiaire, et que vous n’êtes pas en mesure de la montrer à la demande — mieux vaut ne pas la mentionner du tout.
Et aux acteurs qui ne travaillent pas dans un théâtre, donc sans revenu stable, je recommande de trouver un emploi parallèle pour couvrir leurs besoins financiers, tout en continuant à évoluer dans leur carrière d’acteur.
Il est également très important d’avoir confiance en soi. Dans le mot « confiance » il y a la racine « foi » — essayez de garder au maximum cette « foi intérieure », sans attachement émotionnel. Comme on dit : « Ne demande rien — et tu recevras tout. »
Diana, merci pour cette rencontre et cette conversation chaleureuse. Je te souhaite beaucoup de succès et de prospérité pour ton projet !