Directrice de casting Kateryna Doubrovska
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– Comment êtes-vous arrivée dans ce métier et depuis combien de temps y travaillez-vous ?
Je travaille dans le cinéma depuis quatre ans. C’est arrivé un peu par hasard : une actrice que je connaissais cherchait une régisseuse de plateau pour un théâtre. J’ai commencé comme ça, et une semaine plus tard, on m’a proposé de rester comme assistante à la mise en scène. J’ai monté un spectacle, puis on m’a proposé un poste d’assistante aux acteurs. Après un projet, j’ai été promue directrice de casting.
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– Et avant cela, que faisiez-vous ?
On peut dire que j’étais femme au foyer. De formation, je suis contrôleuse aérienne et je cherchais plutôt du travail dans des domaines techniques, comme l’informatique, car j’ai une base et une attirance pour cela. Mais la vie m’a menée vers le domaine créatif.
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– Avez-vous un projet préféré ?
Je n’en ai pas fait tant que ça, mais la majorité de mon temps a été consacrée au projet « Rien n’arrive deux fois ». Il y avait d’abord 16 épisodes, puis on en a tourné 8 de plus. C’est probablement mon projet préféré, car c’était le premier que j’ai casté. On m’a confié ces 16 épisodes sans expérience, et je me suis débattue pour m’en sortir. Ensuite, ça a été plus simple : on a gardé la majorité des comédiens que j’avais choisis au départ.
Je suis partie en congé maternité avant la deuxième saison, et une autre directrice de casting a pris la relève pour les nouveaux personnages. On a passé environ un an sur les 16 premiers épisodes, y compris la préparation. Nous avons tourné à Batoumi, en Espagne et en Jordanie. C’était un projet intense et un produit final dont je suis très fière.
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– Avez-vous découvert un ou une actrice ?
Je travaille pour le studio d’Oksana Bayrak. Sa politique est de ne pas organiser de castings en présentiel : nous sélectionnons les acteurs uniquement via des auto-castings. Cela se faisait déjà avant le confinement. Les auto-castings sont un outil particulier : parfois, tout semble parfait en vidéo, et en personne, ce n’est plus la même chose.
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– Comment gérez-vous ce genre de situation ?
En réalité, il n’y a pas besoin de gérer. Oksana est une réalisatrice qui sait obtenir ce dont elle a besoin sur le plateau. Elle ne se base pas sur les essais ou la technique, mais sur la personnalité réelle du comédien.
Elle a une expression : « décomposer le texte en petites étapes ». L’acteur arrive sur le plateau et, pendant la répétition, il « vit » le rôle pas à pas, sans réciter mécaniquement le texte. Elle explique ce que ressent le personnage à chaque moment, ce qui permet à l’acteur d’entrer profondément dans l’émotion et de mieux transmettre ce que recherche Oksana.
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– Avez-vous des peurs dans votre métier ?
Au début, je faisais des cauchemars : un acteur en retard, un rôle non validé… « Rien n’arrive deux fois » avait plusieurs intrigues parallèles, beaucoup de rôles secondaires et de figurants. Il fallait suivre tout de très près. Il y avait cette peur constante d’oublier quelque chose. J’ai une hyperresponsabilité : je vérifie tout plusieurs fois. « Je crois que j’ai vérifié… mais je vais revérifier ! » Pour que tout se passe bien, que les acteurs soient contents, que la production soit satisfaite et qu’on ait envie de retravailler ensemble dans le futur.
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– Quel était votre rêve d’enfant ?
Être hôtesse de l’air. J’ai une famille dans l’aviation. Mais mon père ne voulait pas de cette voie pour moi, alors il m’a orientée vers le métier de contrôleuse aérienne. J’ai adoré mes études. J’ai fait mon stage à l’aéroport de Boryspil. On faisait de vraies gardes avec les contrôleurs, on guidait les avions en vol. C’était passionnant, mais aussi une énorme responsabilité.
Un pilote est responsable d’un seul avion, peut-être deux. Un contrôleur, lui, gère parfois jusqu’à 50 avions à la fois. C’est un métier très structuré, avec des phrases codifiées et un protocole strict. C’est passionnant, mais cette responsabilité n’est pas bien rémunérée chez nous. En fin de compte, travailler comme directrice de casting sur un projet long rapporte à peu près la même chose.
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– Avez-vous des passe-temps ?
Actuellement, tout mon temps libre est consacré à mon rôle de mère. Mon passetemps, c’est la photographie. Je faisais des photos, je posais aussi. Mais pour l’instant, c’est mis de côté — la vie « en attente ». J’espère y revenir.
Je commence aussi à élargir mon domaine : je fais un peu de publicité, des clips. J’apprends, je me développe dans mon métier.
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– Avez-vous le temps de regarder des films ?
Parfois, oui, mais je ne peux pas citer un film particulier.
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– Vous lisez ?
J’aimerais lire plus. En ce moment, je suis plongée dans des livres de psychologie — des ouvrages pour mieux se comprendre et améliorer ses relations avec les autres. C’est essentiel aujourd’hui de préserver son équilibre mental.
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– Quels sont vos rêves ?
Aller à la mer, enfin ! De simples rêves, mais qu’on apprécie davantage à cause des restrictions, du travail, du stress quotidien.
Je veux aussi beaucoup travailler, car on ne sait jamais ce qui peut arriver demain. J’aimerais me détendre au soleil, voyager en Europe. Je ne suis pas une grande fan de musées, je préfère marcher dans les rues et observer la vie, l’architecture. Même si c’est sale, comme certains le disent pour Paris, moi, je regarde le beau — jusqu’à ce qu’on me fasse remarquer les défauts. Un rêve plus profond ? Visiter mon pays natal, l’Ouzbékistan. J’ai grandi à Tchirtchik, une petite ville près de Tachkent, semblable à Boryspil. C’est un endroit magnifique, avec des montagnes et de l’air pur.
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– Quel conseil donneriez-vous aux acteurs ?
Ne pas surjouer. Le talent est essentiel, bien sûr. Mais parfois, les acteurs perdent leur nature en essayant de jouer un rôle qui ne leur correspond pas. Ils perdent leur authenticité. Et le réalisateur ne les voit plus vraiment. Il faut peaufiner son art, mais ne jamais oublier qui l’on est. Il faut laisser vivre son « moi intérieur » dans chaque rôle.